Un peu d’Histoire…Sur l’avant du GREC en 1956.
C’était donc, je pense, en juin 1956… J’étais
matelot dans la marine Nationale et surtout plongeur,
au GERS, avec mes amis de Sogétram Cabro, Jo Imbert, et Daniel Fourcade, Foufour pour les copains.
Frédéric Dumas lui, y était détaché comme Ingénieur.
Un matin le commandant l’appelle dans son bureau et lui confie une mission de la plus haute importance :
- Frédéric lui dit-il, tu vas prendre ta journée et aller à Marseille voir ce vieux scaphandrier lourd qui t’a dit savoir où se trouve l’avant du GREC. Nous partirons demain, Vendredi aux îles (Porquerolles et Port-Cros) essayer du matériel. Samedi matin au retour, nous irons rechercher le morceau de cette épave dont tout le monde parle et où personne n’a jamais plongé. À part ton Scaphandrier, si c’est vrai.
M. Dumas partit derechef à Marseille et nous rapporta le soir même tous les éléments nécessaires à la découverte de cette tranche d’épave.
Avant d’aller plus loin, que je vous explique ce qu’était à l’époque l’avant du Grec.
Il n’y avait pas tous ces clubs de plongées et leurs
palanquées autobus, se succédant sur les deux épaves connues maintenant, le Donator et un mille plus loin le Grec. Seule la Marine Nationale plongeait sur ces deux navires coulés en fait assez
récemment, en 1945, alors qu’ils étaient entrés dans un champ de mines pour se mettre à l’abri du mistral, dans la grande passe entre Porquerolles et Port-Cros.
Il y avait quelques scaphandriers lourds un peu pirates qui s’essayaient à y faire « un peu de cuivre »…
Maintenant Le Donator, le Grec et même l’avant du Grec sont visités par des foules de plongeurs de loisirs.
Nous sommes donc partis le vendredi sur la vedette VP 771. Nous avons passé la journée en essais de matériel. Le soir comme à l’ordinaire, le Pacha a fait amarrer la VP au ponton de Port-Cros. C’était son lieu favori et il était connu sur l’île. Les habitants ne disaient-ils pas en nous voyant accoster :
- té ! voilà le « Yachte » du Commandant
Chauvin
Volontaire désigné d’office lors de la première sortie comme cuisinier, je préparais le repas pour tous. En général, je me débrouillais pour avoir des steaks et des petits pois comme vivres pour l’équipage délivrés par la DP. (Service de la direction du Port)
Pour les officiers, avec un bon du maître chargé, j’achetais aussi des steaks et des petits pois. Dans ce cas, c’étaient des extra-fins qui mélangés à ceux de la DP en forme de grosses billes allégeaient ainsi l’ensemble. Pour les Biftecks ceux de la Marine étaient plus fermes, mais nous étions jeunes !
Donc plat unique pour tous, ce qui arrangeait bien mes talents culinaires débutants. Après le repas copieusement arrosé de rouge DP pour l’équipage et d’Aumerade AOC pour les officiers (et pour le cuisinier !) nous nous retrouvions tous au carré où un Aspirant, un recruté comme nous, jouait de la guitare.
Il était surtout spécialisé dans les biguines et autres mérengués antillais, alors nous dégustions en accompagnement un alcool lui aussi originaire de ces îles. Boisson bien connue de l’ami Jean-Luc.
Aussi le lendemain matin, il ne régnait pas une bien grande forme au sein de l’équipe de plongée.
Cependant, il fallait respecter le programme et se rendre sur l’épave du Grec et découvrir son avant fantôme.
Arrivés sur place les volontaires ne se bousculaient pas, et ce d’autant plus qu’une grande houle venant sans doute d’un coup de vent dans l’Ouest nous faisait rouler bord sur bord. Avec mon ami Jo Imbert, nous étions sans doute les moins touchés par les ravages du Tafia de la veille. Aussi le Pacha s’est tourné vers nous sachant que nous étions toujours partant du moment qu’il s’agissait de plonger.
Alors les gars…qui va y aller faire cette première ? Bon, je vois qu’Imbert et Loridon sont prêts, et bien c’est pour eux !
- À vos ordres Commandant, on y va !
Saut à l’eau de l’arrière de la VP, le tri acier bien en place sur le dos, le CG 45 parfaitement réglé, la bouée Dumas autour du cou, nous descendons le long de la mouille qui nous emmène vers le Grec. L’eau est claire et la houle disparaît au bout de quelques mètres. Nous ne tardons pas à voir l’épave.
Nous allons suivre maintenant les consignes qui nous ont été données, celles que Frédéric DUMAS a donc obtenues de son scaphandrier marseillais.
- en partant de l’arrière de l’épave… (suite secrète !)… vous la quitterez et en nageant 50 à 100 mètres vous allez trouver l’avant
Effectivement, nous voyons apparaître, masse imposante
cette partie tranchée par la mine sur laquelle le Grec à exploser et coulé.
Elle est bien droite sur le fond, nous arrivons et en bas sur le sable niche un gros homard. Les pinces bien en avant pas gracieux du tout !
Nous remontons sur le pont où se promènent quelques
beaux et appétissants rougets.
Et tout à coup, le
monstre…une langouste, mais quelle bête. Elle doit faire un bon kilo ! Je la prends dans mon filet…en photo bien sûr (qu’est-ce que vous êtes en train de vous imaginer !) Mon ami
Jo lui, est a l’arrêt un peu plus loin, il vient d’en trouver une deuxième celle-là, c’est un record, elle doit dépasser les deux kilos. Pas facile de la faire rentrer dans notre
filet…l’appareil photo, elle ne se laisse pas faire, mais avec beaucoup de sens artistique, le nôtre est très développé en la matière…nous finissons par y arriver.
Le temps passe et, finalement, il faut remonter. Sur la VP au vu de nos bulles bien groupées en surface, il nous est envoyé un bon cordage lesté d’une gueuse conséquente pour faire nos paliers.
Une fois en surface, tout le monde est ébahi devant
les deux langoustes…dans le filet, en photos !
Ben voyons ! Le partage est vite fait, les
officiers auront la plus grosse photo et nous l’autre ! Le homard, on verra la prochaine fois ! Toujours pour la photo bien sur !
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires















